Alberto Olympio, les impressions d’un tête à tête




Alberto Olympio, je refuse de rêver http://aurorestrella.blogspot.com/2014/10/alberto-olympio-je-refuse-de-rever.html fut l’un de ses articles que je pris la plus grande joie pour écrire, d’ailleurs, lequel article qui me fit veiller toute une nuit. Chacun des mots écrit et publié ont été minutieusement choisi et je les assume pleinement ce point de vue sur ce nouvel opposant politique qui marqua son entrée par son livre qui fit un buzz terrible sur les réseaux sociaux...



Pour moi Alberto Olympio était l’impensable choix, le monsieur sans preuves mais l’annonce du ralliement de Gerry Taama, à la candidature « unique » de Jean Pierre Fabre fut pour moi d’un tel dégoût que je balançai un de ces quatre matins, dépité par ce choix, une petite boutade sur twitter « …parce que je pensais voter @GerryTaama. Je confesse. Mais maintenant @Alberto Olympio convainquez moi svp… » ; Laquelle boutade que je ne pensais guère, mais que je voulais irritant pour Gerry Taama, dont les raisons du rapprochement avec CAP restent pour moi incompréhensibles malgré ses explications nombreuses. 

La boutade me valu un coup de fil, celui de Monsieur Alberto Olympio qui m’invita à le rencontrer et qui se lança le défi de me convaincre en une heure de discussions au siège du parti des Togolais à Ablogamé, non loin du siège principal d’Ecobank au Togo.



Assurément, très passionnée du débat et réticente, voir hostile, au sieur, je pris toute la peine de préparer mes questions, afin de ne me laisser emporter ou séduire par un quelconque discours de politicien.

Et toute l’attaque du sieur, fut très remarquable ; A peine rentrée dans son bureau et assise, il s’empressa de s’informer sur moi-même en affirmant « vouloir connaitre les togolais » ; c’est réellement remarquable car il allait alors me donner cette impression de politique qui s’intéresse à la personne de l’autre et non à sa voie électorale et à celles de ses compères. Peut être est ce sincère ? En tout cas tout au long de notre entretien, Monsieur Alberto Olympio n’a cessé d’affirmer vouloir travailler pour le peuple togolais sans aucun intérêt propre.


Mon but est clair, me dit-il, redresser le pays dans 5 ou 10 ans et partir. Parce que je ne suis pas un politicien, mais un entrepreneur et je veux améliorer mon pays .A ceux qui affirment que je ne connais point le Togo, je voudrais qu’ils sachent que je passe toutes mes vacances au Togo. J’étais là le 05 Octobre 1990 ; J’étais là en 2005 et j’ai vu des gens mourir de la répression, une femme est décédée dans mes bras en recevant des balles. Et c’est moi-même qui ai fermé ses yeux…Il n’y a pas d’événements important au Togo sans que j’y sois et je n’ai jamais aspiré à quelque autre nationalité à part celle togolaise.


Ses propos semblaient bien émouvants mais je n’hésitai point à lui dire que j’étais bien indifférent à tout cela, considérant moi-même, au vu de mes nombreuses connaissances partis en Europe, sans jamais revenir, que déjà le fait de revenir est louable. Mais cela ne suffit pas à nommer un président, même s’il est un entrepreneur ayant réussi et qui laisse tout, pour se salir en politique. Ma critique même, elle est tout autre et elle serait de demander à Monsieur Olympio, le pourquoi il ne participerait pas au développement du Togo en y implantant une entreprise.
J’assénais en tout cas, la question qui me dérange le plus autour de la personne « Pourquoi attendre moins de un an pour s’affirmer ??? Et pourquoi ne pas s’aligner sur les partis politiques déjà existants et ayant fait leur preuve?» 


« Quand je suis prêt, je le suis. Quand je ne suis pas prêt, je ne suis pas prêt » fut le slogan qu’il ne cessa de me répéter et « je suis devenu prêt en Décembre 2013 et j’ai pris mes affaires et je suis rentré à Lomé »
Je ne peux changer les choses en me faisant ministre ou autre chose encore, et en étant un parti de l’opposition qui critique sans faire des propositions. De plus, Les gouvernement d’union constituent une perte pour le pays, chacun passe son temps, à tirer la couverture de son côté, à servir les intérêts de son parti et le pays n’avance pas.


Là-dessus, je restai bien silencieuse, parce que même si je n’approuve pas qu’on soit prêt à quelques mois d’une date décisive, pour quelqu’un ayant participé et vécu tous les événements décisifs au Togo ; même si, je crois aux gouvernements d’union où chacun est le gardien de l’autre, je ne peux imposer mes raisons à Monsieur Alberto Olympio, et je dois reconnaître malgré moi, que les nombreux alliances et gouvernements d’union ayant existé au Togo n’ont jusqu’alors été que stériles !


Devant mon silence, il s’empressa de continuer : « Il n’y a qu’un seul Togo, et tous les fils et filles du Togo doivent y travailler. Je ne ferai pas la chasse aux sorcières quand (notez bien la conjonction) je serai élu ! Les personnes compétentes seront maintenues à leur poste et on travaillera tous ensemble ». Il est allé, jusqu’à me donner les noms de ces personnes, piliers du régime de Faure Gnassingbé qu’il trouve très compétents et sur lesquels il veut compter quand il sera élu.


Je pouffai de rire intérieurement et je lui demandai, en fixant bien son regard : « Monsieur Olympio, vous pensez vraiment que vous serez élu ? »

Et là, je vis tout ce qu’est la force de croire à un rêve, surtout quand il est utopique : « OUI. L’opposition a toujours battu Faure Gnassingbe et son père avant ; mais le problème, c’est que l’opposition n’a jamais su sécuriser les résultats et s’est toujours fait violé la victoire. Moi je crois en ma victoire, car c’est les Togolais eux-mêmes qui m’ont demandé de créer ce parti et de me présenter aux élections ; Ils voteront pour moi. Tout ce que j’ai à faire, c’est de garantir le résultat des urnes et je vous le jure,s’il advenait  que je ne  gagne pas, je sortirai celui que les Togolais auront à choisir. »

Et là j’étais sincèrement aux anges ! Je vous l’avoue, j’aime les personnes qui se mettent au défi, parce que, après , on peut les juger facilement, en voyant si leur défi a été relevé. Et de tout cet entretien, jusqu’à l’invitation personnelle de rejoindre son parti, invitation que j’ai radicalement déclinée, ce que j’attends de Monsieur Olympio, est uniquement de sortir les résultats des urnes, bien qu’il reste clair pour moi qu’il ne satisfait pas encore les conditions suffisantes pour obtenir ma voie électorale.
Moi, toute curieuse, et ravie, je lui demandai « comment ferez-vous pour sortir le vrai résultat des urnes ?». En tout cas, je n’obtins point de réponse à cette préoccupation et Monsieur Olympio me fit juste la moue, qui semblait dire : je ne peux pas vous le dire…

Il est en tout cas clairement évident que je ne peux ici rapporter toutes les questions débattues pendant deux heures d’horloge, un véritable ping-pong et un combat d’idées; monsieur Olympio, dans toutes ses belles idées et moi dans la pertinence des questions qui dérangent, mais j’ai voulu pour mon lecteur rapporter quelques uns de ses mots et taire ici, la partie où je lui ai demandé son avis personnel sur les politiciens togolais tels que Jean Pierre Fabre, Maitre Agboyibor, Gerry Taama, Gilchrist Olympio, Faure Gnassingbe, Pascal Bodjona et bien d’autres encore.

Je refuse toujours de rêver Monsieur Olympio Alberto, président du Togo, mais je reste accroché par sa parole donnée de faire la politique autrement en étant une opposition à l’écoute du peuple et une opposition qui propose ; et surtout celui de sortir les résultats des urnes.

J’ai presque envie d’emprunter ses mots à Marc Aboflan, en disant : « c’est un candidat sérieux » http://elafrik.com/presidentielles-2015-au-togo-entre-candidats-serieux-et-plaisantins/; Mais est ce LE candidat sérieux ??? 

 selfie avec Monsieur Olympio

Je reste éveillée, je refuse de m’endormir pour ne point rêver, mais il m’est amer de constater que les lignes de la politique togolaise ne bougent pas, que mes conditions pour offrir ma voie électorale à un candidat vont devoir être revus, et que CAP 2015 est pour moi un échec total.

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